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Urbanisation Cosmique

Par Aurore Jesset*

Les toiles récentes de Jean-Paul Hébrard pétillent d’un rythme qui séduit le regard.

Une matière céleste fragmentée semble flotter dans l’espace intersidéral.

Les réalisations de l’artiste nous plongent dans un univers géométrique situant notre expérience terrestre du milieu urbain par les éléments familiers qui nous entourent.

Le caractère tridimensionnel des créations picturales ou des « bas-reliefs » de l’artiste témoigne de sa pratique éclairée de la sculpture. 

Ici, le regard est enveloppé par l’équilibre de la composition entre les pleins, les vides,

les zones fragiles, les aplats chromatiques, et les lignes noires comme calligraphiées.

Jean-Paul Hébrard réussit une géométrisation chaleureuse par l’harmonie et la dynamique qui dominent l’ensemble.  De l’air, de l’eau, du végétal et de l’urbain dansent la vie,

du fragment au tout, du réel au signifiant. Des codes (couleurs, graphisme) s’articulent pour traduire notre environnement quotidien dans une transposition symbolique riche de combinaisons à découvrir. Celles-ci se déclinent comme un langage dont la structure se révèle peu-à-peu.

Le mouvement est donné par le contraste entre l’épaisseur des traits, les couleurs assumées et la ventilation des espaces vierges. Ainsi, des voies de passage se dessinent comme une douce invitation à circuler dans un paysage aux multiples points de vue évoquant le cubisme. 

La démarche de Jean-Paul Hébrard reflète une expertise plastique et une sérieuse connaissance de l’histoire de l’art. Parmi ses nombreuses sources d’inspiration, son œuvre est marquée par deux rencontres artistiques lumineuses. Jan Voss, artiste multidisciplinaire d’origine allemande, l’éclaire par son sens de la composition.

 

Puis, il découvre l’américaine, Shirley Jaffe, figure majeure de l’art contemporain.

La recherche de notre artiste plasticien orientée par la composition géométrique non figurative porte aussi l’accent évident du constructivisme du début du siècle dernier.  Notamment,  l’approche de Lissitzky est une référence.

Depuis la préhistoire, les artistes ont ressenti la nécessité de styliser leur représentation du monde par la géométrie. Elle apporte de tout temps des repères pour appréhender l’espace et ses propriétés. 

Ainsi, l’artiste plasticien, Jean-Paul Hébrard nous reconnecte avec des pratiques ancestrales et nous rappelle que l’art n’est jamais isolé de l’histoire collective et des évolutions qu’il côtoie. Son œuvre par sa modernité invite une conception originale de la topologie, celle des lieux de notre quotidien expérimentant sans cesse les passerelles reliant les parties et la structure, la particule à l’univers, une démarche inscrite dans le processus même du vivant et de l’histoire des civilisations.

*https://www.lesartsetdesmots.net/